mercredi 7 mai 2008

LES CROISIÈRES










Il était une fois ... Je vous jure que c’est la vérité vraie ! Il était une fois un paquebot tout blanc, battant pavillon des États-Unis d’Amérique. Il s’appelait la “Mariposa”. Il faisait dans les îles des croisières régulières. Les pertuis en sifflent encore les légendes.

Les croisièr!stes américains sont souvent âgés. Parmi eux, les femmes sont plus nombreuses que les hommes : simple effet des lois de la nature puisque l’espérance de vie n’est pas la même pour les deux sexes.

Ce grand bateau blanc ... Qui l’avait nommé la “Mariposa” ? En fait, on l’appelait la “Ménoposa” ...

Les veuves américaines portent souvent chapeau, short et souliers plats. Elles se déplacent par groupes de trois ou quatre. Elles ont la peau très blanche et de la cellulite sur les cuisses. Elles dégustent des ice-cream. Quand elles sont suivies d’un homme, celui-ci est plutôt grand et sec, du type d’Abraham Lincoln, portant les caméras en bandoulière.

-” Tu n’as pas de chance, aujourd’hui, disais-je au barman : Regarde, le bateau ne t’amène que des vieilles !”



-” Tu n’y connais rien, me répond-t-il, ce sont celles qui paient le mieux !”


On raconte encore ... Et l’on en rit, bien sûr ...

-” Tu te souviens ? Le jour où la “Mariposa” a dû stopper dans la passe pour débarquer trois soldats de la Légion Étrangère qui s’étaient oubliés dans les cabines !”

Plus tard, il y eut le “Liberty”, autre gros bateau blanc ... Il y a maintenant le “Wind-Song”, paquebot de la dernière génération, à voiles. Il appareille tous les samedis soirs de Papeete. Il revient tous les vendredis. Bien éclairées, en pleine nuit, les voiles donnent à ce bateau un chic sans pareil.

Au temps de la “”Mariposa” on disait déjà que les veuves embarquaient grâce à la prime d’assurance-décés de leur époux. Il semble que cela reste vrai. : La croisière coûte cher !

Les touristes contribuent à l’économie du pays par les dépenses qu’ils y font pour leurs plaisirs, celà ne les empêche pas d’être lucides :







_” J’abrège mon séjour. je rentre au pays pour y dépenser le reste de mon argent ... Tout est ici hors de prix !”



Combien rapportait au Territoire ce groupe de cinq personnes aperçues l’autre jour au restaurant de Papara, près du jardin botanique ? Chacun d’entre eux mangeait avec application, le petit doigt levé en maniant la fourchette et le couteau ... un vulgaire sadwich au jambon et à la salade verte.

-” J’ai soif, mais on boira une bière au bar, sur le bateau ... Elle nous coûtera moitié prix de ce qu’elle coûte à terre !”

Les touristes sont toujours attendrissants ...

LE DELPHINARIUM DE MOOREA










... Et Dieu créa la femme. Ayant contemplé son ouvrage, il vit que cela était bon. On en était au septième jour. Il décida de prendre du repos.

“C’est pas fini !” ... Brigitte Bardot créa sa fondation. Dieu, qui n’était encore qu’assoupi, se redressa sur un coude et vit que cela aussi était bon.

Dans les airs volaient les oiseaux. Sur la terre couraient des animaux de toutes sortes. Dans les eaux nageaient les poissons. Brogitte veille sur l’ensemble.

De nos jours, la Polynésie est loin d’être sans reproche. On allait le lui dire ! Vers Noël de cette année, Brigitte fit connaître sa désapprobation totale au “Mariage de la Perle Noire et de la Fourrure”. C’était une soirée de gala à l’hôtel Beachcomber : On présentait des perles et des visons.

Passe encore pour les perles, mais les visons ! D’autant que la température ... Bref, nul n’ignore le martyre des animaux à fourrure. Mais il n’était pas mauvais que quelqu’un le rappelât.






Voici, cette fois, que la Fondation Brigitte Bardot intervient en faveur des dauphins. Lettre au Ministre des T.O.M. - D.O.M. Lettre au président du Territoire.

Il faut dire qu’un Américain ... ( Et pourtant, Dieu sait s’ils sont donneurs de leçons, ceux-là ! )Un Américain fait construire un delphinarium à Moorea. Les touristes seraient friands des caresses delphinoises.

Bien entendu, c’est une pure histoire de gros sous.


Et pendant ce temps-là ... L’Office des Postes et Télécommunications de la Polynésie Française émet une série philatélique, avec enveloppes premier jour, sur le thème ... de la protection des mammifères marins, ( dont le dauphin à long bec “sternelle longirostris” ! ).

Ne parlez pas de Brigitte Bardo au Président du Territoire...

Dieu créa la femme ... Ah ! la! la! Qu’est-ce qu’il avait fait là !

On en reparlera.

mardi 6 mai 2008

FRAGRANCES










À la mi-janvier roulent des nuages noirs. Une

vapeur chaude s’installe dans la ville. Au récif,

l’océan brode un ourlet plus blanc. Les mangues

mûres, dans leur gaine de cuir, pendent sous les
feuilles.


La dernière averse, le dernier coup de vent, ont fait rouler les fruits par centaines, éclatés au bas des pentes.
Dans les rues, du côté des vieilles maisons de bois, dans les faubourgs, flotte une odeur aigrelette, comme une odeur de compotes et de ferments.


On cueille les fruits avec de longues perches. Ils seront vendus sur les étals, devant les portes, au petit matin.
Les enfants préfèrent les mangues vertes. Ils les croquent en se baignant, après les avoir trempées dans les eaux salées.

lundi 5 mai 2008

VENTE AUX ENCHÈRES.





Samedi matin, vingt neuf janvier à neuf heures


Il sera procédé par Maître Léontief, Commissaire-

Priseur, à la vente aux enchères publiques, et au

plus offrant, d’une voiture particulière de marque


ROLLS-ROYCE ET DE TYPE

SILVER-SHADOW.
Frais en sus

-”Et tu n’as pas peur de brûler trop d’essence ?”
_” O non ! Tu sais, je ne m’en servirai que le dimanche, pour faire le tour de l’île avec ma famille ...

Au prix de 500.000 Francs, adjugé à Monsieur Tetuanui

SUR LA PLAGE, UNE DAME AMÉRICAINE ...








Lèvres dessinées, couleur de framboise écrasée.

Sur le front, visière transaparente, de même

couleur exactement, comme un second sourire,

plus large que le premier.

Le maillot de bain aussi, a la couleur des

framboises !

dimanche 4 mai 2008

LES TORTUES DES GALAPAGOS











LES TORTUES DES GALAPAGOS


Soixante deus ans dans un enclos de soixante mètres carrés ! Même pour une tortue des Galapagos, il y a de quoi perdre la tête !

C’est un vieux mâle. Sa carapace est usée; taraudée, creusée. Il est arrivé dans le pays en mille neuf cent trente deux, sur le pont d’un bateau, à titre de curiosité ou bien rescapé d’un garde-manger. On embarquait des tortues vivantes pour conserver de la viande fraîche ...

Il a depuis longtemps pris son parti de la solitude. Le célibat ne le drange guère.

-”Croyez-vous ? Croyez-vous ?”

Il fait des grâces quand on grimpe sur son dos pour la photographie. Mais les grâces d’un mâle de tortue des Galapagos !


Nous nous promenions au jardin botanique. T’en souvient-il ?Une chade matinée de janvier ...





Des meuglements, tels ceux d’une vache ... D’une vache un peu asthmatique. Cela nous surprit. Il nous fallut un certain temps popur réaliser ce qui se passait.

Soixante deux ans de célibat, dans un enclos de soixante mètres carrés !
On avait donné une femelle au mâle des Galapagos.

Si, si ... Le mâle grimpe sur la femelle ! Ca couine, ça grince, carapace contre carapace. La femelle a rentré la tête. Le mâle étire le cou et meugle.

Mais ... Il a perdu la boussole ! ... Soixante deux ans ... Que voulez-vous ! Pour l’instant, il s’oriente à l’est : C’est vers le sudqu’il faudrait se tourner ... Sur le côté, rien à faire !

Tu as vu, dans le journal ? Regarde la photo ... Le mâle des Galapagos ... Il n’a pas encore trouvé le sud. Il est en plein nord !

Mon Dieu, mon Dieu ... Que c’est malhabile et grotesque, les tortues des Galapagos !

vendredi 2 mai 2008

FLASH SUR LA ROUTE ...
















Cheveux et barbe hirsutes, sous un casque kaki de soldat américain.

Échappé de quelque taverne à bière.

Puissant torse de barrique.

Maillot rayé de matelot.

Entre le ventre du pilote (très rebondi) et le tablier du scooter, un grand chien jaune est assis. Sur la droite, il penche une tête aux yeux tristes. Sur la gauche, sa queue traîne sur l’asphalte.

... À soixante à l’heure.